Fiscalité · 7 min de lecture
Rachat partiel assurance-vie : fiscalité et stratégie en 2026
Publié le 2 juillet 2026
L'un des atouts majeurs de l'assurance-vie est la possibilité d'effectuer des rachats partiels à tout moment, sans clôturer le contrat. Cette flexibilité en fait une enveloppe d'épargne à la fois long terme et accessible — à condition de bien comprendre la fiscalité applicable.
Contrairement à une idée reçue, le rachat partiel n'est pas imposé dans sa totalité. Seule la quote-part correspondant aux gains (intérêts et plus-values) est taxable. Le remboursement du capital investi est totalement exonéré.
Seuls les gains sont imposables : le principe de base
L'article 125-0 A du CGI pose le principe fondateur : lors d'un rachat sur un contrat d'assurance-vie, seule la quote-part de gains incluse dans le rachatest soumise à l'imposition. Le capital remboursé — c'est-à-dire la fraction correspondant aux primes investies — n'est pas taxé.
Ce mécanisme diffère fondamentalement d'un retrait bancaire ou d'une cession de valeurs mobilières, où la totalité du produit de cession peut être concernée. Sur une assurance-vie, même un rachat de 100 000 € ne sera taxé que sur quelques milliers d'euros si le contrat est récent ou peu valorisé.
La règle s'applique de manière proportionnelle, et non en distinguant les versements des gains. On ne peut pas choisir de retirer d'abord les gains ou d'abord le capital — la quote-part de gains est calculée sur l'ensemble du contrat au moment du rachat.
Comment calculer la part imposable d'un rachat
La formule réglementaire est la suivante :
Exemple : un contrat vaut 120 000 €, dont 20 000 € de gains et 100 000 € de primes. Si vous rachetez 30 000 €, la part imposable est de 30 000 × (20 000 / 120 000) = 5 000 €. Les 25 000 € restants sont du capital remboursé, non taxable.
Plus le contrat est ancien et peu valorisé (rendements faibles), plus la part de gains dans chaque rachat est faible — et donc plus la fiscalité effective est réduite. À l'inverse, un contrat très performant sera proportionnellement plus taxé.
L'abattement annuel après 8 ans : 4 600 € ou 9 200 €
Pour les contrats de plus de 8 ans, un abattement annuel s'applique sur les gains inclus dans les rachats : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple(marié ou pacsé, soumis à imposition commune). Cet abattement concerne l'ensemble des contrats d'assurance-vie du foyer fiscal pour l'année.
Sur les gains excédant cet abattement, le taux réduit de 7,5% d'IRs'applique pour les primes ≤ 150 000 €, auquel s'ajoutent 17,2% de prélèvements sociaux, soit un taux global de 24,7%.
L'abattement n'est pas reportabled'une année à l'autre. S'il n'est pas utilisé en totalité sur une année, la fraction non utilisée est perdue. Cette règle incite à planifier des rachats réguliers plutôt qu'un rachat unique important.
La stratégie des rachats fractionnés
La stratégie des rachats fractionnésconsiste à planifier des retraits annuels calibrés pour utiliser au maximum l'abattement annuel sans le dépasser. Pour un contrat de plus de 8 ans avec des primes ≤ 150 000 €, il est possible de retirer chaque année jusqu'à 4 600 € de gains (9 200 € en couple) sans payer aucun impôt sur le revenu — seuls les prélèvements sociaux de 17,2% restent dus sur les gains au-delà de l'abattement.
Cette approche est particulièrement adaptée à la phase de retraite, pour compléter les revenus sans alourdir la fiscalité annuelle. Elle nécessite de calculer chaque année le montant des gains inclus dans le rachat en appliquant la formule proportionnelle.
Attention : les rachats d'une assurance-vie peuvent avoir un impact sur le calcul du revenu fiscal de référence (RFR), qui conditionne de nombreux avantages sociaux et exonérations fiscales. Il est conseillé de simuler l'impact avant d'effectuer un rachat important.
Art. 125-0 A CGI · Source : impots.gouv.fr · Fiscalité 2026
Questions fréquentes
Peut-on faire un rachat partiel à tout moment ?↓
Oui. L'assurance-vie permet des rachats partiels à tout moment, sans plafond et sans clôture du contrat. Seule la fiscalité varie selon l'ancienneté du contrat et le montant des primes versées. Le contrat continue de fonctionner avec le capital restant après le rachat.
Comment calculer la part imposable d'un rachat partiel ?↓
La part imposable est calculée proportionnellement : gains imposables = montant du rachat × (plus-values totales du contrat / valeur totale du contrat). Seule cette quote-part de gains est soumise à la fiscalité. Le remboursement du capital investi n'est pas taxé.
L'abattement annuel de 4 600 € est-il automatique ?↓
Non, l'abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple) s'applique uniquement sur les rachats de contrats de plus de 8 ans. Il est déclaré lors de la déclaration de revenus annuelle et s'applique sur les gains inclus dans les rachats de l'année. Il n'est pas reportable d'une année sur l'autre.
Vaut-il mieux faire un rachat partiel ou un rachat total ?↓
Le rachat partiel est généralement préférable car il conserve l'ancienneté fiscale du contrat pour le capital restant. Un rachat total clôture le contrat et met fin à tous les avantages accumulés (ancienneté, clause bénéficiaire). Seule une raison patrimoniale impérative justifie un rachat total.
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