Fiscalité · 6 min de lecture
Fiscalité de l'assurance-vie en 2026 : ce qui a changé
Publié le 1er juin 2026 · Mis à jour le 22 juin 2026
L'assurance-vie reste le placement préféré des Français avec près de 1 900 milliards d'euros d'encours. En 2026, plusieurs textes législatifs ont modifié la fiscalité de l'épargne en France — mais l'assurance-vie a bénéficié d'un traitement particulier qui la distingue des autres placements.
La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (LFSS 2026) a relevé le taux de prélèvements sociaux sur la plupart des revenus du capital à 18,6%. L'assurance-vie a été explicitement exclue de cette hausse. Comprendre ce qui a changé — et ce qui n'a pas changé — est essentiel pour optimiser sa stratégie patrimoniale.
Ce qui n'a pas changé : les prélèvements sociaux
Contrairement aux livrets bancaires, aux revenus fonciers et à la plupart des placements financiers, l'assurance-vie est exclue de la hausse des prélèvements sociaux prévue par la LFSS 2026. Les contrats d'assurance-vie restent soumis à 17,2% de prélèvements sociaux, décomposés en CSG (9,2%), CRDS (0,5%), prélèvement de solidarité (7,5%).
Cette exclusion explicite représente un avantage concurrentiel significatif par rapport aux autres enveloppes d'épargne. Pour un contrat générant 10 000 € de gains, la différence est de 140 € par rapport aux placements soumis à 18,6%.
Le PFU (prélèvement forfaitaire unique) effectif reste à 30% pour les contrats de moins de 8 ans et les primes au-delà de 150 000 €, constitué de 12,8% d'impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux.
La fiscalité des rachats selon l'ancienneté du contrat
La fiscalité applicable lors d'un rachat sur un contrat d'assurance-vie dépend principalement de l'ancienneté du contrat et du montant total des primes versées. Trois situations se distinguent.
Pour les contrats de moins de 8 ans, le PFU s'applique intégralement à 30% sur la quote-part de gains incluse dans le rachat (12,8% d'IR + 17,2% de PS). L'option pour le barème progressif de l'IR est possible si elle est plus favorable.
Pour les contrats de plus de 8 ans avec des primes inférieures ou égales à 150 000 €, un taux réduit de 7,5% d'IR (au lieu de 12,8%) s'applique après application de l'abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple). La fiscalité totale effective est de 24,7% au-dessus de l'abattement.
Pour les contrats de plus de 8 ans avec des primes supérieures à 150 000 €, la fraction de gains correspondant aux primes excédant 150 000 € est soumise au PFU à 30%, même après 8 ans.
| Situation | IR | PS | Total |
|---|---|---|---|
| Contrat < 8 ans | 12,8% | 17,2% | 30% |
| Contrat > 8 ans, primes ≤ 150 000 € | 7,5% | 17,2% | 24,7% |
| Contrat > 8 ans, primes > 150 000 € | 12,8% | 17,2% | 30% |
Source : CGI 2026 · Hors abattement annuel
La fiscalité de transmission : 990 I et 757 B inchangés
Les règles fiscales applicables à la transmission du capital décès restent identiques en 2026. Le législateur n'a pas modifié les articles 990 I et 757 B du Code général des impôts qui régissent la fiscalité de l'assurance-vie en cas de décès.
L'art. 990 I CGIs'applique aux primes versées avant l'âge de 70 ans sur des contrats souscrits après le 20 novembre 1991. Chaque bénéficiaire bénéficie d'un abattement de 152 500 €. Au-delà, un prélèvement de 20% s'applique sur la fraction taxable jusqu'à 700 000 € par bénéficiaire, et 31,25% au-delà. Le conjoint marié et le partenaire de PACS bénéficiaire sont totalement exonérés (art. 796-0 bis CGI).
L'art. 757 B CGIs'applique aux primes versées après l'âge de 70 ans. L'abattement est global (30 500 € pour l'ensemble des bénéficiaires et des contrats), et seules les primes brutes versées sont taxables. Les gains et intérêts générés sur ces primes sont totalement exonérés de droits de succession — un avantage souvent méconnu.
L'assurance-vie face aux autres enveloppes en 2026
Le PEA(Plan d'Épargne en Actions) reste exonéré d'impôt sur le revenu après 5 ans, mais soumis aux prélèvements sociaux à 17,2% (aligné sur l'assurance-vie). Son univers d'investissement est limité aux actions européennes.
Le CTO(Compte-titres ordinaire) est soumis au PFU de 30% sur l'ensemble des revenus et plus-values, sans avantage à l'ancienneté. Les prélèvements sociaux passent à 18,6% en 2026, accentuant l'écart avec l'assurance-vie.
Le PER(Plan d'Épargne Retraite) offre une déductibilité des versements à l'entrée mais une fiscalité à la sortie (IR sur les rentes ou capitaux, prélèvements sociaux sur les gains). L'avantage est principalement fiscal à court terme.
L'assurance-viese distingue par la combinaison unique d'une fiscalité avantageuse sur les rachats après 8 ans, d'un avantage successoral sans équivalent (hors succession, abattements par bénéficiaire), et d'une stabilité réglementaire confirmée en 2026. Elle reste l'enveloppe de référence pour la transmission patrimoniale.
Questions fréquentes
L'assurance-vie est-elle soumise à la hausse de CSG 2026 ?↓
Non. La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 a explicitement exclu l'assurance-vie de la hausse des prélèvements sociaux. Les contrats d'assurance-vie restent soumis à 17,2% de prélèvements sociaux, et non 18,6% comme les autres placements.
Quel est le taux de prélèvements sociaux sur l'assurance-vie en 2026 ?↓
17,2% pour tous les contrats d'assurance-vie, y compris en unités de compte. Ce taux est identique à celui de 2025 et n'a pas été relevé par la LFSS 2026.
L'abattement annuel de 4 600 € (ou 9 200 € pour un couple) s'applique-t-il toujours ?↓
Oui, cet abattement est maintenu en 2026. Il s'applique sur les gains (intérêts et plus-values) réalisés lors d'un rachat sur un contrat de plus de 8 ans. Au-delà de cet abattement, les gains sont soumis au PFU de 7,5% ou 12,8% selon les conditions.
Faut-il déclarer les gains d'une assurance-vie ?↓
Uniquement lors d'un rachat (partiel ou total). Les intérêts et plus-values s'accumulent en franchise d'impôt tant qu'ils restent dans le contrat. Lors d'un rachat, seule la quote-part de gains est imposable — le capital remboursé ne l'est pas.
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